Environnement

[Série 4/5] Sénégal: sur les routes de la campagne à… Saint-Louis



« Sénégal, sur les routes de la campagne ! » Le premier tour de l’élection présidentielle se tiendra le 24 février et cinq candidats vont s’affronter dans les urnes : Macky Sall, Madické Niang, Idrissa Seck, Issa Sall et Ousmane Sonko. Notre correspondant Guillaume Thibault et le photographe indépendant Sylvain Cherkaoui ont quitté Dakar dimanche pour un périple d’une semaine à travers le pays afin de raconter cette campagne électorale dans les régions. Quatrième et avant-dernière étape, ce jeudi, à Saint Louis.

Au quartier Guet N’dar, l’un des plus denses du continent, l’image est connue, souvent sublimée : les pirogues alignées sur la plage. Cela fait de belles images, mais l’arrière-plan est plus rude. La pêche est au cœur de la vie économique à Saint-Louis, mais la crise complique la donne. Chaque jour, des milliers de journaliers se présentent. Leur boulot, ingrat, difficile : décharger les caisses de poissons.

C’est ce que fait Boubacar Gaye qui est électricien, mais qui n’a jamais trouvé de travail dans sa branche : « On vient le matin, on va débarquer le poisson. C’est toujours comme ça. Pour chaque caisse, on gagne 300 francs. C’est très dur, ce n’est pas bon pour la santé. Macky Sall a construit des routes, il a fait les quais, il a fait des licences de pièces. Il a fait quelque chose. Moi, je ne voterai pas pour lui parce que la justice n’est pas crédible. Je ne vote pas pour lui. »

« La justice n’est pas crédible », explique ce porteur, référence aux déboires judiciaires de Khalifa Sall et de Karim Wade. Mais à Saint-Louis, Macky Sall a aussi des sympathisants. La caravane présidentielle est passée ici en début de semaine. Les affiches de Macky Sall sont partout en ville, ce sont d’ailleurs les seules. Il y a 160 000 électeurs inscrits à Saint-Louis. Gagner ici, c’est important, surtout très symbolique.

« 100% Macky »

Au milieu des pirogues et de la crasse, Moussa Diallo détonne, bien habillé, bien rasé. Il est mareyeur, il gagne visiblement correctement sa vie et sa devise du moment, c’est Macky 100% : « Nous, c’est Macky Sall. Toujours, c’est Macky Sall. Aujourd’hui, demain, c’est Macky Sall (rires). Macky Sall aide les gens, il aide les populations, toujours on est derrière lui quand même. Tout le travail qu’il commence, il va continuer parce qu’on sait qu’il travaille bien. 100% Macky pour nous quand même. »

Collé à ce port immense, il y a la vieille ville de Saint-Louis que des jeunes essayent de sauver en développant de l’activité. Sandwich aux œufs et petit café touba. On s’est permis de déranger Fara Cissé alors qu’il prenait son petit déjeuner dans une gargote de rue. Le jeune homme, natif de Saint-Louis, a eu la chance d’étudier, il est urbaniste.

Pour l’élection présidentielle, il n’a pas encore fait son choix. Saint-Louis est confrontée à l’érosion, à la crise dans la pêche, mais Fara estime que la citoyenneté, le respect du bien commun doit être une priorité, notamment la gestion des déchets : « Aujourd’hui, les berges sont très salles. Peut-être les politiques ont leur tort. Mais aussi il y a les citoyens lambda qui déversent aussi les ordures sur les berges. Ici il y a un problème de changement de comportement. »

Et à la question de soir s’il n’est pas trop tôt pour que le pays « passe » dans une autre dimension et qu’on s’intéresse avant tout à l’humain, avant de parler d’économie, de travail etc. Fara est catégorique : « Non, ce n’est pas trop tôt. Au contraire, il faut dire que c’est trop tard même. Il faut vraiment développer une économique, il faut que les gens se sentent concernés ».

Comment faire évoluer son quartier, sa rue, sa ville : question difficile posée par ces jeunes qui ont du mal à s’identifier aux acteurs politiques actuels, mais qui iront néanmoins voter.



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