Environnement

RDC: des centaines de miliciens Kamuina Nsapu viennent déposer leurs armes



En RDC, l’investiture d’un président issu de l’opposition suscite des espoirs aussi dans le rang des rébellions, notamment dans le grand Kasaï, la région d’origine du père de Felix Tshisekedi. Plusieurs centaines de membres de la milice Kamuina Nsapu sont ainsi venus déposer leurs armes ce week-end à Kananga. Un enthousiasme qui n’est pas sans poser quelques problèmes de sécurité.

Selon les autorités provinciales, 600 miliciens Kamuina Nsapu sont venus à Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï-Central, déposer leurs armes ce week-end. Un afflux inédit, mais qui commence à poser des problèmes de sécurité car, pour l’heure, rien n’est en place pour accueillir ces miliciens.

Résultat, dimanche le gouverneur du Kasaï-Central a appelé les Kamuina Nsapu à se rendre auprès des administrateurs des territoires désormais. « Compte tenu du nombre, nous avons demandé qu’ils puissent déposer [leurs armes] auprès des administrateurs des territoires, explique Denis Kambayi, le gouverneur de la province. Nous avons cinq territoires ici et les administrateurs des territoires les identifient et comptabilisent le nombre d’armes, et ils nous font un rapport pour les dispositions administratives à prendre. Les personnes elles rentrent dans leur village. »

Les dispositions pratiques c’est bien là le cœur du problème. Que proposer à ces miliciens en échange de leurs armes ? Pour l’heure, aucun programme n’est en place pour dédommager ou réinsérer ces personnes armées depuis des mois.

Monique Ngalula, secrétaire générale de l’ONG Cadre de concertation des femmes congolaises (Cafco), qui est en contact avec les Kamuina Nsapu, est inquiète. « Il n’y a pas de programme de réinsertion et quand ils se rendent du côté du gouvernement provincial, ils ne trouvent aucun plan pour leur prise en charge, pointe-t-elle. Pour moi, c’est d’une grande faiblesse. Au niveau de leur communauté, s’ils ne sont pas encadrés, il peut y avoir d’autres formes de violences. Leur demander de rester dans leur milieu de vie, ce n’est pas une solution. »

Le gouverneur promet qu’un programme de réinsertion des Kamuina Nsapu est en préparation. Mais du côté de la société civile, on s’inquiète que les autorités ne soient pas assez réactives pour profiter de cet élan.

Et l’enjeu est de taille puisque les autorités estiment à 1 700 le nombre total de milices Kamuina Nsapu. Pour rappel : les affrontements entre ces milices et les forces de sécurité ont fait plus de 3 000 victimes entre 2016 et 2017.



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