Environnement

L’envoyé spécial de l’ONU pour la Libye n’est plus bienvenu chez l’ANL



L’envoyé spécial de l’ONU pour la Libye, le Libanais Ghassan Salamé, est déclaré persona non grata par l’Armée nationale libyenne (ANL) dirigée par Khalifa Haftar. Le porte-parole de cette armée, Ahmad al-Mismari, a accusé l’envoyé spécial des Nations unies de soutenir une partie des Libyens contre une autre. Une déclaration datée de jeudi dernier, et qui fait suite à une série d’autres déclarations rejetant le rôle de Ghassan Salamé en Libye, certaines voix appellant même à son départ.

Ghassan Salamé, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour la Libye, fait l’objet d’attaques sans précédent. On l’accuse d’avoir échoué à résoudre la crise libyenne et certains demandent son départ. Il se retrouve dans la même situation que ses quatre prédécesseurs au même poste au bout d’un certain temps d’exercice de la fonction.

Mardi 22 janvier, il a expliqué que certaines de ses déclarations avaient été mal comprises, et a redéfini sa position par rapport aux élections. Attendues pour le printemps, il les annonce pour la fin de l’année. « Je suis le premier à vouloir organiser ces élections » lance-t-il. Mais ces rectifications ne semblent pas apaiser la colère, surtout dans l’est libyen.

Ses dernières déclarations ainsi que son intervention devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le 18 janvier, ont suscité une vague de critiques qui ne se tarit pas. Cependant, Ghassan Salamé est parfois critiqué sur la base d’informations infondées, déformées ou mal comprises. On lui reproche ainsi d’être imprécis et de faire des erreurs d’appréciation sur la situation sécuritaire et économique du pays.

On l’accuse surtout d’être à la fois juge et partie en Libye, et de prendre la défense des islamistes. Aguila Saleh, président de la Chambre des représentants (Parlement), considère qu’il est du côté du Conseil présidentiel dirigé par Fayez al-Sarraj.

Le porte-parole du Parlement trouve, lui, que l’envoyé spécial de l’ONU a dépassé ses prérogatives. Il dénonce le fait que le gouvernement provisoire de l’est soit désigné comme « gouvernement parallèle » à l’ONU, alors que pour plus de la moitié des Libyens, c’est le gouvernement d’entente nationale à Tripoli qui n’est pas légal. Soutenu par la communauté internationale, sa nomination n’a jamais été entérinée par le Parlement.

Ibrahim Dabbachi, l’ancien représentant de la Libye à l’ONU, se demande si Ghassan Salamé est libre de ses choix. Un parlementaire croit savoir que « la mission de l’ONU agit suivant la volonté des forces internationales qui défendent des intérêts contradictoires ».

Abdessalam Nassiyah, autre parlementaire s’exprimant sur Twitter, estime quant à lui que les dernières déclarations de Ghassan Salamé sont d’une « grande déception et constituent un recul par rapport au plan de route qu’il avait annoncé en prenant ses fonctions ».



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